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      26/05/2008 - Andes, de l'horreur à l'extase

      ANDES  De l’horreur à l’extase (I)    

      choza sur l'altiplano

      1. Look at a movie about crossing the Andes by a port at 4300m, under the Veronica summit; click at :

      http://www.youtube.com/v/30bYv2gx6dY&hl=fr

      2. a preventive campaign by the UNSAAC (University San Abad del Cuzco) against Leishmaniasis  in a matsiguengas community of the peruvian Amazon (sept 2006)
      click at : http://www.youtube.com/watch?v=OQI2PlHZF4I

      A nouveau sur la brèche pour agiter mes projets andins. Loin des soucis matériels quotidiens de France, je savoure paix et harmonie, dépouillé de vaines ambitions. Réchauffé au feu des amitiés péruviennes. Rendre grâce pour cette liberté retrouvée, cette opportunité de renouer avec ma Jérusalem, ma Mecque des Andes, Cusco, ombilic de mon univers, ville haute comme Machu Pichu, lieux sacrés qu’il faut mériter ; là où ma recherche spirituelle et humaine a trouvé son aboutissement.Retour à Cusco avec un sentiment d’humble révérence. Inconfort aussi, vie spartiate, douleurs, humiliation organique, lenteur d’idéation, parasites de la peau. Mais la grande famille est réunie à mon arrivée, Pepe, Doris, Rosa, Santiago, Carmela. Voici leur livre, leur histoire qui sera publiée un jour en espagnol pour faire connaître la cosmovision andine et les débuts épiques de l’Ecole de Médecine aux visiteurs étrangers.Demain, à peine débarqué, l’expédition à Paucartambo, 2800 mètres d’altitude, en compagnie des jeunes médecins. Je le souhaitais secrètement. De bon augure.

      ayllu A 5 heures du matin, les montagnes fumant toutes leurs pipes géantes, ascension de deux heures, à un pas de sénateur pour moi. Je suis accompagné par un ange gardien indien, Justino, voiture balai qui a reçu la consigne de me porter si besoin est. Je ne lui imposerai pas le fardeau de ma personne heureusement, malgré mon cœur en chamade, mes poumons au bord de l’asphyxie et ma tête prête à exploser. Je m’arrête fréquemment et progresse cahin-caha jusqu’au plateau du village, où je débouche trente minutes après les jeunes jambes. Premier coup de folie pour moi, dans le but de sonder mes réserves vitales. La carcasse grince mais avance toujours. La mauvaise graine résiste. Depuis l’aube, cinq heures de marche en altitude, 500 mètres de dénivelé, le corps torturé mais en résistance. « Marche ou crève ». Une dernière sortie dans les communautés indiennes auxquelles je doutais de pouvoir accéder encore. Un rajeunissement de 18 années.

      Assemblée communale des 70 chefs de famille en chaude discussion : un bébé est mort, les responsabilités sont discutées : a-t-il été transporté trop tard au poste de santé ? Une amende est votée à contre cœur, entre 100 et 200 soles pour les retards d’examens de grossesse ou les décès injustifiés. Mais qui a le droit de juger une mort inutile ? Dans la salle étroite, l’air est chauffé à la présence humaine. La sueur des hommes remplit l’atmosphère d’un remugle de paille et de coca, mais cela ne pue pas. Une visite des tinettes, les latrines que les villageois ont grand peine à accepter et utiliser convenablement. Cela n’entre pas dans les habitudes incas et déféquer au grand air, face au paysage sublime, est tellement plus agréable ! Pour donner l’exemple, j’inaugure un cabanon avec mon liquide doré. vallée paucartambo

      Visite d’une maison de pierre à l’ancienne, toit de chaume, complètement enfumée à l’intérieur après des siècles d’usage du foyer et du four à pain, sans cheminée. Fabian s’est construit à côté une demeure toute neuve en adobe et toit de tuiles romaines, deux niveaux et plusieurs ailes, un vrai luxe, mais sans garantie en cas de déluge ou de tremblement de terre. Les étages sont interdits officiellement, pour défaut de résistance aux pluies torrentielles. Donc au risque et au péril du bâtisseur. Fabian dispose de sa propre source, abondante, entourée d’un bosquet d’eucalyptus, rempli de fleurs grimpantes, partiellement capté et branché sur des tubes métalliques pour l’irrigation. Un esprit progressiste plane sur cette famille. Un rideau de pluie s’abat sur nous, source de vie pour les agriculteurs et bénédiction pour les semailles. Qui songerait à s’en plaindre ? choza

      Quelle joie de reprendre le travail en groupe, en prodiguant mes conseils et relatant mes expériences dans mes livres. Fugace bonheur en examinant un bébé puis sa famille, au seuil de la maison du chino Aquino enduite de chaux ocre, sur un banc couvert de tissus flamboyants, en plein soleil. Au poste de santé, je me replonge dans les textes sur les plantes médicinales en écoutant de belles musiques populaires sudaméricaines, Roberto Carlos « La guerra y la poesia », et des chansons engagées de Pedro Suarez Vortiz, un argentin, et Alberto Plaza, un chilien. pédiatrie aylluEnthousiasme communicatif de ces jeunes médecins dévoués au progrès de leur pays, se consacrant durant trois mois à l’amélioration des conditions de vie de leurs concitoyens campesinos arborigènes. Moment de grâce et de joie vibrante, de partage avec cette jeune génération qui m’appelle « el padre ». Un élan contagieux qui vous fait dépasser vos limites, oublier la douleur, sous une poussée d’adrénaline. Dans le fond de la gorge, le rio Mapucho en crue est chargé de limons noirs. Les repas sont pris dans l’unique auberge du village sur une île au confluent du rio Mapucho dont les crues chocolat se fondent aux eaux encore cristallines de son affluent. Les tinettes, un simple trou béant au-dessus du courant torrentueux ; des bouffées d’air rafraîchissent agréablement les fesses à chaque visite et distraient des odeurs d’urine fermentée. Pour se laver les mains, un robinet dehors, au coin du restaurant. Les plats rustiques, potages au maïs ou trempe le manioc, riz et pot-au-feu avec une viande découpée en filaments filandreux mais riches en cartilage, fruits au dessert, bananes, grenades ou ananas, tous cueillis dans la région, voilà de quoi vous ragaillardir le corps et vous caler l’estomac pour de bonnes heures. Des musiques technocumba ou des waynos tonitruent dans les haut-parleurs. Il ne faut pas oublier que cet établissement se transforme en boîte de nuit les samedis soirs, comme en témoignent les gyrophares à miroir. Nos compagnes se mettent à rire et me traduisent les couplets d’une chanson :« De la cintura para arriba/ nunca te lastimaré. / De la cintura para abajo/siempre te molestaré./ Es tu culpa si tu calzón/ se comprometió con mi pantalón!”

      Décidément c’est la vie pure et dure. Le soir est consacré à la réunion de synthèse sur le travail dans les communautés, constat des insuffisances et des progrès aussi : Quelle lucidité de ces jeunes médecins et infirmières sur les conditions de vie des populations indigènes ! Un projet de coopération médicale commence à germer dans ma tête. La fatigue de la journée et l’altitude me contraignent à lutter contre un sommeil sournois. Le retour se fait sur la route détrempée et glissante au bord de précipices de plusieurs centaines de mètres. Des croix, ça et là sur les gouffres, rappellent la mémoire des défunts par chute, dans le passé. Le bus dérape sur la piste boueuse, se faufile entre les éboulements de terre et de roches, plonge avec force éclaboussures dans les fondrières, croise d’autres véhicules en rasant le mince talus au bord du vide. Frisson garanti, mais fatalisme résigné : si notre heure a sonné « so be it , alea jacta est, inch allah» que chacun prie son dieu. Sinon ça passera encore cette fois. Nous sommes même gratifiés d’une crevaison: le pneu ne se dégonfle que progressivement et nous permet d’atteindre le village voisin, Huancarani, 4000 mètres, où le chauffeur change la roue sous la pluie, à plat ventre dans la boue glacée sous le véhicule pour glisser le cric.

      bus UNSAAC, voyage paucartambo avec étudiants   A nous, déambulant dans le marché, le privilège des premiers choclos con queso de la saison, à un sol chacun. Avec la faim, tout paraît savoureux, surtout les mets poissant les doigts. Le corps connaît dans l’ébriété de l’altitude un état second.

      (read soon the second chapter)

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      26/05/2008 - ANDES, de l'horreur à l'extase (II)

      ANDES, de l'horreur à l'extase (II)

      Devant ma table de travail, le regard perdu sur mon Apu protecteur, le Pachatusan pilier du ciel en inca. Il est enneigé aujourd’hui, ce qui explique cette impression de glace dans la moelle des os. Je déplore le manque de mémoire, qui se défile et joue à cache-cache avec les mots et les pensées. cathedrale cuzco, Apu pachatusanOxygène quand tu nous manques ! Oxygène à 50%, c’est une préfiguration d’un grand âge vécu de façon anticipée, heureusement réversible. Lenteur d’idéation sénile comme disent les neurologues. A Cusco l’espoir demeure autour de mes projets, traduction en espagnol et publication du livre sur les premiers pas de l’Ecole de Médecine et les premières missions de médecins et étudiants dans les communautés andines, dans les années 80. Se laisser forger par les circonstances, lire les opportunités offertes par les amis, demeurer dans la main de Dieu, ouvert aux autres, chacun dans sa destinée singulière.

      Le bonheur à Cusco, c’est aussi une omelette au fromage et au bacon avec un lait au pisco ou un café au lait, à la terrasse de l’Ayllu devant la Place d’Armes, avec ses arcades coloniales et les façades d’andésite rose de l’église de la Compaña, sous un soleil filtré par les nuages d’encre, avant les torrents de pluie de l’après-midi. Un authentique centre du monde, soulevant ma passion. L’émotion s’émousse avec les jours, sous le poids de la rude réalité. L’usure des jours mais jamais la nausée comme en Europe.

      Etrange retour des choses, une boucle se referme : on me consulte sur un contrat de recherche avec les Laboratoires S… à propos de plantes médicinales. En principe favorable à ce type d’échanges, je dénonce néanmoins avec vigueur un contrat léonin qui comme par le passé, tente de dépouiller le Pérou, l’Université de Cusco et ses chercheurs de leurs ressources naturelles, de leur patrimoine génétique et de leurs travaux scientifiques. fleurs de Machu PichuLes brevets sur des plantes doivent rester la propriété du pays d’origine et de sa population, et les recherches, l’apanage des scientifiques péruviens. A quand la fin du pillage des ressources et du patrimoine végétal et organique (pétrole, gaz) par les multinationales ? A quand le vrai partenariat ? Des plantes en menace de disparition comme la uña de gato, pour leurs vertus thérapeutiques et leur faveur auprès du grand public, aux Etats-Unis et en Europe.

      4300m, au piede de l'Apu sacré

      La vision magico-religieuse imprègne la vie quotidienne des Andins. Réflexe d’autodéfense d’une population opprimée depuis des siècles, en souffrance morale et persécution culturelle qui se réfugie dans l’utopie, comme l’avait remarqué un ami, Père dominicain.  Rosa la botaniste relève que la marijuana mâle est une drogue ; femelle, elle est une fibre utile pour l’industrie textile. Pauvres plantes qui dès qu’elles rencontrent le succès auprès de l’homme occidental sont menacées d’extinction, comme le sano-sano, columel, une fougère arborescente de la selva amazonique à Cosnipata ou la uña de gato déjà mentionnée (Uncaria tormentosa) chez les Ashaninkas sur le Rio Ene ou chez les Matsiguengas et les Ese Ejas, sur le Rio Madre de Dios.

      portail tiahuanaco, dieu soleil-jaguarQue me vaut la chance de me voir présenter une collection unique, inconnue des archéologues, par Eliazar, l’homme sur les traces de l’Inca, Inkayupin. Originaire de la région de Pukara sur l’altiplano, là où les premiers hommes, indignes, furent pétrifiés par les dieux, il collectionne depuis son enfance des lithosculptures, figurines à plusieurs faces sculptées, guerriers, jaguars, tortues, serpents, grenouilles, limaces, animaux représentatifs du règne de l’eau, et d’autres du monde souterrain, aérien, perroquets, Apus…Ces pierres étaient des cultes votifs pour implorer des faveurs aux dieux, ou pour des cures par frottage, comme ce pénis creux destiné à pratiquer des instillations intravaginales. L’homme jaguar ou le condor-puma est une divinité de Tiahuanaco, avec ses crocs caractéristiques. Le petit condor, condor-apuchi est une divinité enfant.

      condor AndesA son propos Eliazar nous raconte la légende d’une pastourelle courtisée par un condor que des circonstances naturelles avaient laissé veuf.  Elle l’avait conquis par sa beauté, entrevue du haut du ciel. Il donna ses instructions au puma, aux renards et à ses congénères oiseau de proie pour épargner les moutons et les lamas de son troupeau. Un jour il ne se contint plus et la rapta en l’emportant à califourchon sur ses ailes. Il la déposa sur son aire où il lui dressa un lit de plumes et de bonne laine arrachée aux flancs des alpacas. Il la nourrit de côtelettes prélevées sur ses réserves ordinaires. Quelques mois plus tard naquit de cette union peu orthodoxe un enfant à corps humain et à tête de condor qui devint le petit dieu Apuchi, adoré par les habitants de l’ayllu où vivait la jeune fille. Eliazar me montre encore le jaguar-serpent, originaire de la culture chavin. Il y a aussi l’homme-aigle, huamancha, l’homme-guérisseur ridé dont la vénérabilité est attestée par trois cercles inscrits dans son dos. Les hommes-guerriers sont couronnés de plumes maskaypacha. La femme au vagin occupant la moitié de son corps est un symbole de fécondité, de même que la figurine d’une femme accouchant.  Des armes en pierre comme ces casse-têtes qui peuvent aussi assister dans les massages paravertébraux.

      intiwatana machu PichuCes pierres Illas représentent parfois des maquettes de cités en miniature avec leurs andènes, leurs tours défensives, leur intiwatana pour scruter les signes stellaires, leurs fortifications en escalier, signe de l’éclair, comme la ville de Sacsahuaman qui lui était consacrée. Les images sont souvent divisées par un axe de symétrie qui évoque les pôles du Yanantin, l’organisation spatiale des Incas. Ces figurines appellent la protection des dieux sur toute une communauté et sur ses productions agricoles. D’autres pierres portent les insignes du pouvoir en croix, tocapus, ou en forme de vase, aribalo. Dans le musée inca, un schéma des constellations incas attire mon attention.

      Il confirme mes descriptions de la cosmogonie présentée dans mon livre « Andes, La voie du Condor » où l’on reconnaît l’inca avec sa fronde, le lama noir catachillay, le bélier multicolore urcuchillay, notre constellation de la lyre, et la Croix du Sud. La maison des Anciens mallquiwasi abritait les momies des ancêtres Incas que l’on promenait dans les avenues chaque année à l’occasion des rites de la pluie, avant les semailles.

      constellations incas, lama noir

      La forteresse de Sacsahuaman dominant Cusco était consacrée à l’éclair Illapa avec ses fortifications en zig-zag. Elle était semée d’images de pierre sculptée Ch’urukuna, wakas et willkas. On offrait des lamas d’or et d’argent aux cimes neigeuses et à leur symbole, le condor. La prière d’un prêtre retentissait dans l’espace (invocation rapportée par Cristobal de Molina, 1576).

      sacssahuaman forteresse inca
      carnet de route: cosmogonie andine

       



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      23/06/2007 - PSYCHOTROPES VEGETAUX DES CHAMANES ANDO-AMAZONIEN

       

      PSYCHOTROPES VEGETAUX ET CHAMANES EN AMAZONIE ANDINE

      François Luis-Blanc in « Médecins et Chamanes des Andes » Editeur l'Harmattan

      Les chamanes ando-amazoniens font usage de nombreuses plantes bien répertoriées[1]:

      La coca (Erythroxylon coca), universellement répandue sous la forme de son alcaloïde la cocaïne, était la feuille sacrée des Incas, réservée surtout à l'usage des princes, les Panacas ; elle était parfois distribuée au peuple à l'occasion des fêtes officielles. Les propriétés de cette feuille sont remarquables: sédatif de la soif et de la faim, défatigant, traitement du mal de l'altitude, le sorroche, par les vertus de son alcaloïde sympathomimétique, analgésique et anesthésique2. erythroxylon cocaCueillies sur un arbuste cultivé dans le piémont andin au Pérou comme en Bolivie, les feuilles séchées sont portées dans un sac de laine brodée, la uncunia en quéchua ou cocatari en aymara et mastiquées par les indiens, c'est la chaccha, selon l'habitude héritée du coquéo, La feuille est mâchée en même temps que de la poudre calcaire dont l'alcalinité favorise l'extraction du principe actif par la salive, du moins le suppose-t-on. Cette plante est donc devenue la source et le symbole du stoïcisme indien face à sa misère. Mais la coca joue aussi un rôle fondamental dans les rites de divination au cours des sessions rituelles. Lors de leur chute sur la table de divination les feuilles dessinent par leurs formes et leurs couleurs variées des figures que le guérisseur, yatiri, déchiffre comme les pages d'un livre ou les cartes de nos diseuses de bonne aventure.

      L'intoxication par la cocaïne présente certaines particularités. La mastication comme l'aspiration nasale et l'ingestion de base provoquent une euphorie accompagnée de confusion mentale, d'hallucinations visuelles puis de somnolence. L'usage chronique, fréquent chez les indiens vivant dans les zones de plantation, peut induire une déchéance physique et psychique.

      cactus san Pedro, figures de NazcaLe cactus San Pedro (Trichocereus pachanoi) rencontré dans le nord du Pérou3 est riche en mescaline.et se distingue du cactus cierge vulgaire par le nombre de rainures de son corps octogonal dépourvu d'épines4 .Sa préparation se fait par ébullition de trois cactus coupés en rondelles cuits en infusion dans cinq galons d'eau, de midi à six heures du soir, jusqu'à évaporation du liquide.

      La mescaline s'apparente par sa structure aux médiateurs nerveux dopamine et cathécolamines et elle déclenche des réactions communes à celles observées avec le Peyotl au Mexique. Elle agit sur les centres optiques et peut transformer les perceptions auditives en impressions lumineuses sous forme d'étincelles ou de boules intensément colorées.

      L'intoxication commence par des troubles sensoriels accompagnés d'hallucinations psychomotrices visuelles, auditives et cinesthésiques.

      Le sujet a une impression de déplacement de ses organes et sa vision devient kaléidoscopique. Les illusions sensorielles peuvent se traduire par une macropsie, augmentation de volume des objets, par une métamorphose des choses et des êtres avec un sentiment de distanciation ou d'intériorisation de ceux-ci, ou enfin par leur déformation en images fantastiques. La perception du temps est également altérée ce qui peut donner au sujet l'impression d'être transporté en d'autres époques ou d'autres lieux, expérience que traduit bien l'expression "voyage", ou "vol astral" comme le décrivent les chamanes andins.

      La phase hallucinatoire est parfois suivie d'un apaisement propice à l'introspection et à la méditation. Mais le retour à la réalité est le plus souvent vécu comme une épreuve angoissante, accompagnée de troubles de l'idéation, d'une gêne au cheminement des pensées et à l'élaboration de raisonnements, d'une fuite des idées et d'une obnubilation. A cette confusion mentale s'associent après l'usage chronique de ces substances des troubles de l'affectivité et de l'humeur à type d'euphorie alternant avec la dépression, accompagnés d'angoisse et parfois de crises catatoniques.

      Le Floripondio ou Misha blanca rei, appelé encore rastrera curandera pour ses pouvoirs diagnostiques des maladies, est un arbuste ornemental aux belles fleurs en cornets blancs de la famille des solanacées (Datura arborea) rencontré dans les jardins de la région de Cuzco. Il est encore décrit sous le nom de Kampacho et ses feuilles sont parfois fumées comme traitement de l'asthme. Le fruit épineux et décoratif, frit comme une pomme de terre puis conservé dans un flacon d'alcool, est riche en alcaloïdes tropaniques, hyoscyamine et scopolamine à effets parasympatholytiques et il peut être utilisé en frictions contre les rhumatismes ou les douleurs névralgiques par ses vertus analgésiques.

      ayahuascaLe Chamico (Datura stramonium) est une autre espèce de datura poussant au bord des chemins de la Vallée Sacrée comme un chardon à fleur bleue. Les semences du fruit sec épineux sont communément appelées "tue chien et chat". Les gens qui le consomment, parfois à leur insu, sont plongés dans la démence. Les feuilles brûlées appliquées en friction ou prises en "mate", infusion, soulagent les rhumatismes. La stramoine connue sous le nom de jimsonweed dans le monde anglosaxon, comme les autres daturas, contient les alcaloïdes neurosédatifs et antispasmodiques de la belladone, l'atropine et la scopolamine, présents dans toutes les parties de la plante mais concentrées surtout dans les semences. Leur ingestion produit un syndrome d'intoxication atropinique avec confusion, tachycardie, hyperpyrexie et mydriase.

      La scopolamine présente dans toutes les solanacées atropiniques dites "mydriatiques", dont la formule est proche de celle de la cocaïne, provoque après l'intoxication aigüe une amnésie antérograde que le guérisseur peut mettre à profit durant sa cure pour induire l'émergence de pensées ou d'obsessions révélatrices du conflit vécu par le patient, à l'origine de son mal. La hyoscyamine, autre principe actif retrouvé dans ce groupe de plantes, est un dépresseur cérébral avec un effet antiémétique parfois utilisé pour l'induction anesthésique.

      L'Ayahuasca (Banisteriopsis caapi) dont l'on a identifié de nombreuses espèces dans la forêt amazonienne est une forme de lierre, appelé "la liane des dieux". Ses principes actifs, l'harmine ou télépathine, la tetrahydroharmine et la harméline ont de puissantes propriétés psychotropes qui peuvent induire une déstructuration de la personnalité. Pour l'extraction, il faut broyer la plante dans une marmite de terre où l'on jette également des feuilles de yage ou oje (Hameadycton amazonicum) brassées et additionnées à plusieurs reprises jusqu'à remplir la marmite à moitié et complèter avec de l'eau. Le tout est cuit à feu doux en prenant bien garde de ne pas laisser déborder le liquide qui laisserait échapper l'esprit maléfique de la plante capable de s'en prendre au préparateur.

      banisteriopsis caapiL'harmine est une bétacarboline retrouvée dans d'autres plantes comme la passiflore en Europe. L'hypothèse a été formulée qu'elle existe peut-être spontanément dans le cerveau comme neuromédiateur5. Les bétacarbolines jouent un rôle probable dans le contrôle de l'anxiété et elles possèdent une activité convulsivante à côté de leur propriété psychomimétique hallucinogène. Elles provoquent ausi des diarrhées et des vomissements qui au regard des patients participent à l'élimination de leur mal. Elles favorisent aussi le catharsis des conflits par le biais de la crise d'agitation psychomotrice qu'elle déclenche dont la richesse du contenu émotionnel objective les conflits du malade6.

      La liane a un effet purgatif lorsqu'elle est préparée seule ou potentialise la DiméthylTryptamine(DMT) dans l'association harmine-DMT. Le cocktail de β-carbolines présent dans l'ayahuasca est nettement purgatif, psychoactif et finement psychédélique. Les effets psychotropes d'une décoction non réduite d'ayahuasca-liane sans additif, tels qu'ils ont été observés durant une diète de 4 jours à Tarapoto, recouvrent bon nombre de ceux décrits pour le mélange. En vrac et résumé : magnification de la perception des sons, des couleurs et des contours (détails), sensibilité exacerbée aux odeurs, introspection, prise de conscience du corps (notamment de la sphère gastro-intestinale), perméabilité à l'Autre[3]6b.

      Voyez un clip d'une session rituelle "Ayahuasca" en Amazonie au centre TAKIWASI

      Look at a clip of a ritual session "Ayahuasca"in Amazonia, at the Takiwasi Center

      http://www.youtube.com/v/0_fZDZIlFjg&hl=en

      Le Toe ou San Pablo, pusanga purga (Datura speciosa) est également originaire de la forêt amazonienne. Cette plante hermaphrodite est classée comme mâle si elle présente de grandes feuilles ou comme femelle si ces dernières sont petites, arrondies et particulièrement moins riches en principes actifs. Ses fleurs élégantes, semblables à des clochettes blanches prennent avec le temps une coloration jaune grisâtre. Elle est parfois utilisée comme philtre d'amour ou llama-llama pour obtenir des faveurs amoureuses d'un partenaire réticent. Il suffit d'ingérer trois feuilles, le plus souvent avec de la ayahuasca pour être mareado, affecté par ses effets7.

      Le tabac sauvage (Nicotiana rustica), bien connu dans la Vallée Sacrée comme supaïccarco , est aussi appelé "l'herbe pour se moquer des ivrognes" car introduit dans la chiccha, un alcool fermenté de maïs, il déclenche une ivresse désopilante et sauvage. Chez la femme il a la réputation de réveiller un désir fougueux. Son usage remonte à la période précoloniale espagnole8.

      Le condor purga (Lycopodium sp.) ou le ckoto-ckoto (Apodanthera herrerae), une autre liane grimpante de la région amazonienne, sont associés fréquemment aux breuvages comme vomitifs-purgatifs pour contrôler les effets nocifs des psychotropes et en accélérer l'élimination après la cure rituelle.

      La huilca ou vilca (Anadenanthera colubrina) est connue dans le sud du Pérou, en Bolivie et en Argentine dans sa variété sébil. Ses semences contiennent des alcaloïdes de la tryptamine et de la bufoténine, substances qui, également fort prisées des sorcières du moyen-âge européen, s'apparentent à la sérotonine, un neuromédiateur du cerveau.

      Le huanarpo (Iatropha ciliata, euphorbiacae), appelé encore palo de grado, barbasco, figue del duende, est l'une des plantes les plus renommées pour la magie amoureuse, par ailleurs entourée d'un véritable halo de légendes qui mériteront d'être relatées ultérieurement. D'autres plantes nombreuses et huanarpovariables selon les régions et les pratiques des guérisseurs, trouvent aussi leur place dans cet arsenal rituel, thérapeutique ou divinatoire, et leur description peut être consultée dans les articles référenciés 9,[4] .

      Circonstances rituelles de la prise de psychotropes:

      L'usage rituel des hallucinogènes par les guérisseurs s'effectue dans le cadre de sessions curatives ou divinatoires, parfois aussi destinées à l'envoûtement maléfique ou amoureux. Le rôle joué par les psychotropes dans le rituel curatif a été bien mis en lumière par des psychiatres péruviens9:

      "Certaines substances provoquent des diarrhées et des vomissements dont l'apparition signe pour le malade l'efficacité du breuvage par l'expulsion du daño, le mal, à travers les excréments. Par ailleurs, l'effet de mareacion, le malaise induit chez le malade, se traduit par une obnubilation, une labilité émotionnelle, une plus grande facilité d'expression et la multiplication de fantasmes, toutes manifestations qui renforcent le pouvoir de suggestion du guérisseur".

      Le guérisseur absorbe le breuvage en même temps que le patient mais témoigne d'une meilleure tolérance à ses effets par l'usage habituel qu'il en fait. Par ailleurs, la prise de San Pedro par exemple, riche en mescaline, ou d'autres plantes hallucinogènes lui permet d'analyser à travers ses hallucinations construites autour de l'anamnèse du patient, tout le contexte de la maladie, ses causes et les traitements à prescrire par un phénomène de rastreo, divination par balayage intuitif et empathique, au sens propre du terme. Le guérisseur tente par son entraînement professionnel d'assumer une attitude objective vis à vis de ses propres hallucinations qui font défiler des images et des scènes en partie suggérées par le dialogue avec le patient, dans une démarche qui n'est pas éloignée de celle de la psychanalyse ou de l'hypnose.

      table du alto-misayok CuscoLa table curative où se déroule le rituel est couverte d'objets symboliques dont le pouvoir de suggestion sert de support sensoriel aux délires hallucinatoires, à l'instar des tests projectifs utilisés par les psychologues modernes. Au regard du médecin occidental, la démarche du guérisseur d'invocation des forces naturelles et d'absorption de l'énergie cosmique s'apparente à la concentration des pensées induite lors d'une séance d'hypnose, autour d'un univers représenté de façon symbolique sur l'espace réduit d'une table où peut se dérouler toute la trame d'une existence.

      La réaction des patients aux effets conjugués des modificateurs de comportement et de la séance rituelle varie en fonction de leur disposition individuelle10. Elle oscille de la simple hilarité ou de la prostration jusqu'à la véritable transe spirite avec crise épileptoïde. Le malade a ainsi l'opportunité d'extérioriser ses conflits par son activité délirante, autant par son discours, souvent incohérent, que par sa gestuelle.

      achachila(sur cette photo, prise à un puits sacré de Tarapoto, les indigènes ont reconnu l'esprit de la cascade),

      Le symbolisme des images visualisées durant les hallucinations varie en fonction de l'univers culturel des sujets, visions de serpents python par exemple pour les patients amazoniens, visions de dragons pour des patients occidentaux. Il s'agit souvent de projections individuelles, souvent en relation avec les conflits du patient, que le chamane pourra ensuite interpréter empiriquement dans un but thérapeutique lors du dialogue consécutif à la prise de substances psychotropes. C'est de telles sessions que l'on peut espèrer retirer de nombreux enseignements sur l'art de guérir des sorciers ou chamanes péruviens.



      [1] CABIESES F., 1993..-- Apuntes de Medicina Tradicional: la racionalizacíon de lo irracional, 331 p, Lima, Diselpesa

      2 MEDINA CASTRO L.D., 1960, folklore medico, Conferencias Secigra.

      3 CHAUMEIL J.P., 1985, Prise d'hallucinogènes et transe chamanique: un exemple de l'Amazonie péruvienne . In Transe, Chamanisme et Possession, p 55-61, Ed. Serre, Nice.

      4 Les Nazcas le représentaient déjà comme un être anthropomorphe sur leurs céramiques. Ce cactus en effet s'épanouit et fleurit à l'image d'un corps humain dont sont dessinés la tête avec un front saillant, la poitrine où est marquée le coeur, et les membres correspondant aux ramifications (GUSHIKEN J.J., 1979, Tuno el Curandero, p 187, Ed. Biblio. Univ., Lima).

      5 MÜLLER W.E. ET AL, 1981, On the neuropharmacology of harmane and other betacarbolines, in Pharmacology, Biochemistry & Behavior, Vol 14, p 693-699.

      6 CHIAPPE M., 1970, Psiquiatria folklorica peruana. In Psiquiatria en la America Latina, Ed. Rosselli, Bogota.

      6b [3] BOIS-MARIAGE F., Ayahuasca : Une synthèse interdisciplinaire. Psychotropes, Vol 8, n°1, p 79-113

      7 SEGUIN C.A., 1979, Psiquiatria folklorica, p 105, Ed. Ermar, Lima.

      8 DE SMET P., 1985, A multidisciplinary overview of intoxicating snuff rituals in the western hemisphere, in J. of Ethnology, 13,.p 3-49.

      9 DOBKINS de RIOS M., 1979 La cultura de la pobreza y el amor magico, in Psiquiatria folklorica, Seguin (Eds), Lima, Ermar, p 109.

      9 CHIAPPE M., 1970, Op cit., p 76-92

      10 L'activité hallucinatoire du peyotl par exemple varie entre un sujet indien et un blanc américain en fonction de son idiosyncrasie culturelle (WALLACE A.F.C., 1963, Cultura y Personalidad, Ed. Paidos, Buenos Ayres)



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      25/02/2007 - Passages andins-Andean passages: 5 movies



      look at andean movies .

      1. The inti Raymi, celebration of the cusquenian sunfeast : the prayer to the sun by the Inca, the procession of the caciques, orejones, warriors, amazonian indians with their pythons  and ñustas, the virgins of the sun. 

       clic at : http://www.youtube.com/watch?v=yl991WTya9A

                   http://www.youtube.com/v/8ZgcLrrLkIE ~

                  http://www.youtube.com/v/xHDUvILWkXc

                  http://www.youtube.com/v/eYYi2_7dCZk

       the indian tribes from the Amazon perform the pytons'dance .

      click at: http://www.youtube.com/watch?v=-kDnWghD9tM

       2.  crossing the Andes from the Sacred Valley, Cusco, Peru, toward the Amazon.

      A close view of the La Veronica summit, above 6000 m.

       

      clic at: http://www.youtube.com/watch?v=30bYv2gx6dY

       

                  for more information look at :

            http://waynakuna.free.fr/inti.raymi.htm

       

      3. a preventive campaign against Leishmaniasis  in a matsiguengas community of the peruvian Amazon (sept 2006)


      click at : http://www.youtube.com/watch?v=OQI2PlHZF4I

      look at a film about prevention:

      clickat: http://www.youtube.com/v/i3LJ_hkN0uM&rel=1

      http://www.youtube.com/v/i3LJ_hkN0uM&rel=1

       

       



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      21/01/2007 - Los quatros poderes del shaman : drum, drugs,dance and dreams

       

      Los quatro poderes del shaman: (François Luis Blanc)

      Drum, Drugs, Dance and Dreams

       

      El médico psiquiatra Rosa Giove practicando curas rituales por el canto shamánico Icaro en el centro de tratamiento de las toxicomanías Takiwasi en la Amazonia peruana, atribuye al canto la virtud de vehiculo de la energía personal del shaman, símbolo de su poder. La melodía y las frases, muy simples, son cargadas del simbolismo de las plantas, de los animales y de los elementos ambientales.

       

      sigle(Pour plus d'informations consultez le site: for more details clic at. www.takiwasi.com)

       

      Los neuroteólogos han explorado recientemente esos mecanismos por las técnicas más modernas del EEG electroencefalograma y del PET-scanner con sustancias radioactivas mostrando el flujo circulatorio cerebral. Se han analizado los estados modificados de consciencia inducidos por la meditación, de budistas recitando los mantras “Om” o de shamanes amerindios durante rituales. Se ha comprobado que el estado de meditación profunda bloquea las informaciones llegando al lobo parietal y aumenta el flujo sanguíneo en el sistema límbico que genera las emociones y los recuerdos. El cerebro reorienta su estado de vigilancia necesario a la lucha para la supervivencia “fight-or-flight reactions”, en el sentido de una aceptación, una dilatación del animo con sensación de plenitud. La activación cerebral se focaliza en el lobo prefrontal, la área donde se concentran nuestros pensamientos y estados de humor, de manera caricatural entusiasmo y interés para la parte izquierda, pesimismo y actitud negativa para la derecha. La actividad eléctrica de las ondas cerebrales también se modifica durante la meditación con menos ondas alfa del despierto y más ondas lentas tetha del sueño. (referencia del esquema a seguir:Time magazine)

      Se han registrado en Méjico las ondas eléctricas del cerebro durante sesiones shamánicas, precisamente en el estado de trance, el “drum-and-dance-trance” de los anglosajones, inducido por la danza, los cánticos, el tambor, y la tomada de sustancias alucinógenas como el peyote, mezcalina, las cuatro armas D del poder shamánico “Drums, Drugs, Dance and Dreams”. Al momento de la sensación de viaje interior o ubiquitario y de las deformaciones sensoriales  a tipo de figuras voladoras como en las pinturas de la cultura Nazca donde se sabe que se tomaba el cactus san pedro tambien rico en mezcalina durante los rituales, reacciones comunes a ese tipo de experiencias, los neurobiologistas han grabado ondas cerebrales eléctricas lentas con ondas delta de grande amplitud, un estado modificado de consciencia de adormecimiento con vigilancia mental conservada. Esa experiencia parece similar al estado de creatividad crepuscular investigado por los poetas surrealistas.

      Eses dados científicos nos confirman que los estados cerebrales de los rituales, de la meditación y ciertos de la creación artística tienen una base común, un estado modificado de consciencia con vigilancia y activación de la parte emocional y de los recuerdos pero abolición relativa de la actividad intelectual superior. Nos ofrece también un esbozo de explicación neurobiológica al respecto del poder de las palabras sobre nuestro estado cerebral.

       

      Ejemplo de tecnicas modernas, pet-scanner :

                     imagen del cerebro durante una estimulacion sexual

       cocaine effect on brain

       (activation of brain reward system and cortical inhibition by cocaine)

      sigleRead a book about modified states of consciousness:

      "LSD Sprituality and the Creative Process"

      Marlene Dobkins de Rios and Oscar Janiger

      Park Street Press, Rochester, Vermont,  2003

      WWW.InnerTraditions.com

       

      siglefor practical shamanistic experiences, look at:

       

      Here's the link with a Printable Version of This Page at
      http://www.guariadeosa.com/events/plant-medicine-2007.html

      sigleImportant Note: Pablo Amaringo's original Ayahuasca Visions paintings
      will be on exhibition and for sale at the Council Gathering.
      These paintings can be seen at:
      http://www.guariadeosa.com/photos/pamaringo/paintingsforsale/index.html

      Thanking you in advance for your time and your Spirit in Networking
      and we hope you can participate as well! If so, please contact Dahlia
      Miller.

      A Vacation with a Purpose!
      Protect the Rainforest one vacation at a time
      dedicated to sanity and sustainability
      at GUARIA de OSA "Orchid of the Rainforest"
      a Rainforest Ocean Wilderness Discovery Centre
      & Ethnobotanical Gardens on the
      Osa Peninsula of Costa Rica!

      www.OrchidoftheRainforest.com
      www.osanimi.org




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      12/01/2007 - APOCALYPSE MAYA (I) » 5 movies«

      APOCALYPSE MAYA (I)

      voyez le film sur Tikal (1969), look at the movies:

      http://www.youtube.com/v/TuEWNu2AKEA 

      (1969 :  mayas in the region quiche )                      

      http://www.youtube.com/watch?v=upzylycEh-g 

      1969 : mayan rituals in Chichicastenango                

       http://www.youtube.com/watch?v=073xw_s88rY 

      1968 : canoa trip to indian huts in Peten ,Guatemala,

      http://www.youtube.com/v/T6H-gdynGP8   

       DIVAGATIONS SUR LE CHILAM BALAM 

      Disciple du vieux de la montagne, je vogue sur le fleuve Usumacinta en quête de Piedras Negras, la cité enfouie. Mes aventures m'ont ballotté d'une ville maya légendaire à l'autre, Quirigua, Copan, Seibal, Kaminaljuyu, Mixco Viejo,… (See the movie related to this cosmogony :

       click at:  http://www.youtube.com/v/YE-lt-a5nl0 )

       Ma pirogue frôle les arbres des rives chargées d'aigrettes blanches qui s'éparpillent en flocons sur mon passage. Un déluge se déverse soudain de la gueule d'un ophidien géant. La pluie et la tempête festonnent le sol de leurs éclairs, y crachent leurs silex, les nymphéas pavent les lacs inondés de leurs émaux que piétinent les échassiers jicanas en ballerines.

       Sous les voûtes selvatiques se déchaînent les oiseaux. Frémissement du colibri, baiser fleuri, miroitement arc-en-ciel, reflets métalliques dans l'ombre, les aras, gorge rouge offerte au couteau, le quetzal, débauche de couleurs dans sa queue en panache, comète irisée pour la coiffe des seigneurs. Au terme d'un sentier boueux où mes jambes pataugent sous la frondaison détrempée, se profile un cortège de stèles: elles encerclent une pyramide effacée sous les ficus géants. Les perroquets aras courent derrière le nouveau soleil à l'horizon, se moquant des seize Rois assis en tailleur sur un autel dans la lointaine Copan où autrefois, scribe halluciné, je saisis leur image.

      Sur les linteaux de pierre, je déchiffre les glyphes scellant des temps jalonnés de faits cosmogoniques où régnaient Bouclier Jaguar ou Oiseau Jaguar. Un escalier périlleux s'enfonce au creux de la pyramide. Dans la tombe dissimulée, un masque mortuaire --ses traits de pyrite et coquillage cernant un regard de jade-- m'attire dans son rêve éveillé. Un astronome chamane inscrit les divagations royales sur ses rouleaux de fibres d'agave, consignant fidèlement le lien entre les événements calendaires et les phénomènes célestes.

      Sans mot dire, il me tend une coupe où mes lèvres savourent la boisson fermentée d'agave et de maïs, sucrée au miel et au tanin de balche. Les fumées de tabac sauvage ou du champignon peyote m'embrument l'esprit. Des clystères de lotus enrichissent ma narcose. Le mage observe à l'orient Soleil naissant annoncé par l'Etoile du matin qui met le feu à l'horizon; il fait jaillir la sève vitale du fromager, l'arbre ceiba pentandra jusqu'à ses frondaisons cosmiques. Les mollusques marins, les cochenilles, les papillons, les colibris et les aras macaos incrustent de carmin et de pourpre le ciel constellé, les étoffes, le parchemin fibreux, les céramiques et les fresques.

      Au plein midi le panache jaune de l'ara macao rend hommage au maïs mûri dans la fournaise. Une tornade m'entraîne, des dieux étranges me visitent. Animaux, plantes, étoiles, rochers, se bousculent en souffles sacrés devenus les nahual des humains. Bientôt le jour roule dans l'occident, détourne le Soleil, enterré au Royaume des morts avec, pour sentinelle, le jaguar. La déesse du suicide Ixtab l'y attend, les yeux griffés de noir.

      Les corps célestes s'entrechoquent dans la valse des soirs. Les prêtres, les chamanes, les maîtres en divination et les rois y lisent la chronique des faits. Les éléments naturels, eau, montagnes, terre et ciel se métamorphosent en monstres issus du monde surnaturel où l'âme abandonne son enveloppe charnelle. Revivant les hallucinations du roi Pacal, je suis précipité dans l'inframonde, en plongeant le long des racines de , le dieu aux trois têtes de serpent. Des bras prolongent la croix feuillue du maïs, où exsude la lymphe vitale, flux des liquides sacrificiels.

      La fleur blanche exhalée de mon âme éclot sur l'arbre cosmique; ma tête décapitée comme celle du jumeau légendaire Hunahpu renaît dans la calebasse, fruit du jicaro. Coincés dans ma bouche, l'amulette en T, une perle de jade, des grains de maïs, viennent en mince obole pour croiser les espaces jusqu'au royaume des morts Xibalba sillonné de fleuves et de cascades de sang. Le souverain, sa fleur blanche exhalée depuis des siècles, a dépouillé le bandeau qui lui ceignait le front. Il a gagné pour son ultime traversée le monde lacustre après l'épreuve de terreur. Sa caste est consacrée au dieu créateur Hunab Ku dont les quatre fils Bacab portent les points cardinaux de l'univers. Comme le dieu Kin Pacal, bouclier du soleil, crevant la carapace de la tortue, je plonge pour mon ultime croisière au royaume d'Outre-tombe, Xibalba, pour rejoindre la déesse Mère. Proche de moi, la reine Xoc, éclairée d'une torche tenue par son mari bouclier jaguar, se perfore la langue d'une épine d'agave. Le sang jaillit à flot et la reine défaille, en transe. Le serpent lui apparaît dans ses visions. Dans la cité de Tikal, Seigneur Dix huit Lapins rencontre Seigneur Cacao sous un ciel tempétueux. Ils interrogent ensemble le mouvement des astres pour y lire la volonté des dieux. Leur Roi fomente ses guerres pour écraser la rébellion. Son premier rival, le seigneur de Tikal, Oiseau Zéro Lune fourbit ses armes dissimulées sous son pagne et son ample ceinture. Il cherche alliance pour ses guerres auprès de Coquillage enfumé, avec la bénédiction de son prédécesseur, le noble Nouveau Soleil à l'Horizon.

      Au royaume de Xibalba, les âmes des guerriers tiennent congrès: le Vieux de la Montagne, Premier Seigneur de l'Arbre, Seigneur Sacré du Ciel, Seigneur Cacao en compagnie de son épouse, Noble Dame. Chan Balàm, Serpent Jaguar, s'est hissé vers le ciel, au long de l'arbre de vie. Le fromager, ceiba à la sève de sang incarné dans le caïman, se dresse, colonne de l'univers; ce pilier cosmique unit la terre au zénith, dans l'érection de la Croix Feuillue, ressuscitée de l'au-delà à l'effigie du maïs. Les trépassés ont gravi à leur tour cet axe cruciforme, pivot de l'univers à la couleur du jade, de l'émeraude, de la turquoise, du quetzal et du macao bleu --emblèmes de l'eau pure que s'est approprié le roi Yax K'uk Mo. Leurs âmes ont rejoint Hunab Ku, la Grande Main étendue sur le cœur de la terre. Le dieu céleste envoie ses rayons et des petits arcs fleuris dont le parfum se répand du treizième ciel. Le lapin quant à lui, divinité des scribes, batifole avec Lune Croissante. Dans les mêmes parages, un dernier dieu, Cauac, couve le feu qui fait voler les montagnes, dans sa demeure au centre de la terre. Il se joue des ouragans et des éruptions volcaniques.

      Les nappes aquifères sondées au creux d'un cenote, donnent accès au puits sacré noir d'obsidienne, pierre issue de la foudre. Je dois y jeter en offrande au dieu Chac disques d'or, masques, bijoux de jade, encensoirs de terre cuite où brûle le pom. Des êtres plongent dans les eaux troubles du cenote. Je progresse sur des cimes enneigées, puis foule la cendre d'un volcan éructant son torrent de pierres et de fumerolles.



       





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