amerindia-amérindiens- amerindian cultures)
 
Qui suis-je ?

. Echanger des informations pour la défense des peuples amérindiens, de leurs droits, cultures, ressources naturelles . Exchange informations in the defence of amerindian cultures, tribal reserves and natural resources

Derniers articles
Menu

Mes amis
    Liens


      Article 20 sur 24
      Page précédente | Page suivante

      12/01/2007 - APOCALYPSE MAYA (I) » 5 movies«

      APOCALYPSE MAYA (I)

      voyez le film sur Tikal (1969), look at the movies:

      http://www.youtube.com/v/TuEWNu2AKEA 

      (1969 :  mayas in the region quiche )                      

      http://www.youtube.com/watch?v=upzylycEh-g 

      1969 : mayan rituals in Chichicastenango                

       http://www.youtube.com/watch?v=073xw_s88rY 

      1968 : canoa trip to indian huts in Peten ,Guatemala,

      http://www.youtube.com/v/T6H-gdynGP8   

       1969: Scènes indiennes

      http://www.youtube.com/watch?v=KCICyrRJ2aw

      Apocalypse maya II

      http://www.youtube.com/watch?v=m1Fsf8WHt0o

       DIVAGATIONS SUR LE CHILAM BALAM 

      Disciple du vieux de la montagne, je vogue sur le fleuve Usumacinta en quête de Piedras Negras, la cité enfouie. Mes aventures m'ont ballotté d'une ville maya légendaire à l'autre, Quirigua, Copan, Seibal, Kaminaljuyu, Mixco Viejo,…

      (See the movie related to this cosmogony :

       click at:  http://www.youtube.com/v/YE-lt-a5nl0 )

       Ma pirogue frôle les arbres des rives chargées d'aigrettes blanches qui s'éparpillent en flocons sur mon passage. Un déluge se déverse soudain de la gueule d'un ophidien géant. La pluie et la tempête festonnent le sol de leurs éclairs, y crachent leurs silex, les nymphéas pavent les lacs inondés de leurs émaux que piétinent les échassiers jicanas en ballerines.

       Sous les voûtes selvatiques se déchaînent les oiseaux. Frémissement du colibri, baiser fleuri, miroitement arc-en-ciel, reflets métalliques dans l'ombre, les aras, gorge rouge offerte au couteau, le quetzal, débauche de couleurs dans sa queue en panache, comète irisée pour la coiffe des seigneurs. Au terme d'un sentier boueux où mes jambes pataugent sous la frondaison détrempée, se profile un cortège de stèles: elles encerclent une pyramide effacée sous les ficus géants. Les perroquets aras courent derrière le nouveau soleil à l'horizon, se moquant des seize Rois assis en tailleur sur un autel dans la lointaine Copan où autrefois, scribe halluciné, je saisis leur image.

      Sur les linteaux de pierre, je déchiffre les glyphes scellant des temps jalonnés de faits cosmogoniques où régnaient Bouclier Jaguar ou Oiseau Jaguar. Un escalier périlleux s'enfonce au creux de la pyramide. Dans la tombe dissimulée, un masque mortuaire --ses traits de pyrite et coquillage cernant un regard de jade-- m'attire dans son rêve éveillé. Un astronome chamane inscrit les divagations royales sur ses rouleaux de fibres d'agave, consignant fidèlement le lien entre les événements calendaires et les phénomènes célestes.

      Sans mot dire, il me tend une coupe où mes lèvres savourent la boisson fermentée d'agave et de maïs, sucrée au miel et au tanin de balche. Les fumées de tabac sauvage ou du champignon peyote m'embrument l'esprit. Des clystères de lotus enrichissent ma narcose. Le mage observe à l'orient Soleil naissant annoncé par l'Etoile du matin qui met le feu à l'horizon; il fait jaillir la sève vitale du fromager, l'arbre ceiba pentandra jusqu'à ses frondaisons cosmiques. Les mollusques marins, les cochenilles, les papillons, les colibris et les aras macaos incrustent de carmin et de pourpre le ciel constellé, les étoffes, le parchemin fibreux, les céramiques et les fresques.

      Au plein midi le panache jaune de l'ara macao rend hommage au maïs mûri dans la fournaise. Une tornade m'entraîne, des dieux étranges me visitent. Animaux, plantes, étoiles, rochers, se bousculent en souffles sacrés devenus les nahual des humains. Bientôt le jour roule dans l'occident, détourne le Soleil, enterré au Royaume des morts avec, pour sentinelle, le jaguar. La déesse du suicide Ixtab l'y attend, les yeux griffés de noir.

      Les corps célestes s'entrechoquent dans la valse des soirs. Les prêtres, les chamanes, les maîtres en divination et les rois y lisent la chronique des faits. Les éléments naturels, eau, montagnes, terre et ciel se métamorphosent en monstres issus du monde surnaturel où l'âme abandonne son enveloppe charnelle.Revivant les hallucinations du roi Pacal, je suis précipité dans l'inframonde, en plongeant le long des racines de , le dieu aux trois têtes de serpent. Des bras prolongent la croix feuillue du maïs, où exsude la lymphe vitale, flux des liquides sacrificiels.

      La fleur blanche exhalée de mon âme éclot sur l'arbre cosmique; ma tête décapitée comme celle du jumeau légendaire Hunahpu renaît dans la calebasse, fruit du jicaro. Coincés dans ma bouche, l'amulette en T, une perle de jade, des grains de maïs, viennent en mince obole pour croiser les espaces jusqu'au royaume des morts Xibalba sillonné de fleuves et de cascades de sang. Le souverain, sa fleur blanche exhalée depuis des siècles, a dépouillé le bandeau qui lui ceignait le front. Il a gagné pour son ultime traversée le monde lacustre après l'épreuve de terreur. Sa caste est consacrée au dieu créateur Hunab Ku dont les quatre fils Bacab portent les points cardinaux de l'univers. Comme le dieu Kin Pacal, bouclier du soleil, crevant la carapace de la tortue, je plonge pour mon ultime croisière au royaume d'Outre-tombe, Xibalba, pour rejoindre la déesse Mère. Proche de moi, la reine Xoc, éclairée d'une torche tenue par son mari bouclier jaguar, se perfore la langue d'une épine d'agave. Le sang jaillit à flot et la reine défaille, en transe. Le serpent lui apparaît dans ses visions.  Dans la cité de Tikal, Seigneur Dix huit Lapins rencontre Seigneur Cacao sous un ciel tempétueux. Ils interrogent ensemble le mouvement des astres pour y lire la volonté des dieux. Leur Roi fomente ses guerres pour écraser la rébellion. Son premier rival, le seigneur de Tikal, Oiseau Zéro Lune fourbit ses armes dissimulées sous son pagne et son ample ceinture. Il cherche alliance pour ses guerres auprès de Coquillage enfumé, avec la bénédiction de son prédécesseur, le noble Nouveau Soleil à l'Horizon.

       

      Au royaume de Xibalba, les âmes des guerriers tiennent congrès: le Vieux de la Montagne, Premier Seigneur de l'Arbre, Seigneur Sacré du Ciel, Seigneur Cacao en compagnie de son épouse, Noble Dame. Chan Balàm, Serpent Jaguar, s'est hissé vers le ciel, au long de l'arbre de vie. Le fromager, ceiba à la sève de sang incarné dans le caïman, se dresse, colonne de l'univers; ce pilier cosmique unit la terre au zénith, dans l'érection de la Croix Feuillue, ressuscitée de l'au-delà à l'effigie du maïs. Les trépassés ont gravi à leur tour cet axe cruciforme, pivot de l'univers à la couleur du jade, de l'émeraude, de la turquoise, du quetzal et du macao bleu --emblèmes de l'eau pure que s'est approprié le roi Yax K'uk Mo. Leurs âmes ont rejoint Hunab Ku, la Grande Main étendue sur le cœur de la terre. Le dieu céleste envoie ses rayons et des petits arcs fleuris dont le parfum se répand du treizième ciel. Le lapin quant à lui, divinité des scribes, batifole avec Lune Croissante. Dans les mêmes parages, un dernier dieu, Cauac, couve le feu qui fait voler les montagnes, dans sa demeure au centre de la terre. Il se joue des ouragans et des éruptions volcaniques.

       

       Les nappes aquifères sondées au creux d'un cenote, donnent accès au puits sacré noir d'obsidienne, pierre issue de la foudre. Je dois y jeter en offrande au dieu Chac disques d'or, masques, bijoux de jade, encensoirs de terre cuite où brûle le pom. Des êtres plongent dans les eaux troubles du cenote. Je progresse sur des cimes enneigées, puis foule la cendre d'un volcan éructant son torrent de pierres et de fumerolles.


       


       




      Ajouter un commentaire :: Envoyer cet article